Port melin - Porh melen
Jo Le Port, juin 2008

Les premières mentions connues à ce jour sont citées dans un acte notarié du 2 juin 1636 passé au bourg de Loctudi vraisemblablement devant les notaires Paul PICHOT et Jacques VOUDOUL ou BOUDOUL, mais le bas de l’acte manque et ne permet pas de le certifier.

Suivent les signatures des personnes sachant signer, requises par les parties concernées dans l’acte et ne sachant le faire :

  • Jan LE DANIGOU ( ou DANUIGOU, dit GOFF, forgeron en breton, il perdurera dans cette famille de forgerons ou de maréchaux ferrants, notamment à Locmaria et Kerloret ). Evolue en DAVIGO.
  • Yuon HUZEL

  • Jan LE GOFF

  • Lorans LE GOUZRONC et Gildas LE GOUZRONC , dits honorables gents.

  • Missires Bonnauenture NOUEL, Pierre K/DAUY et Yues LE FORMAL prêtres.

  • Laurens K/GANTIC, Yuon LE GOFF, Paul ADAM et Paul LE TROUEDEC.

 

Certains micro toponymes se rencontrent encore aujourd’hui sans avoir trop changés : Pen er Uern, Poul meilli, chatteau de Stanc verec, gartz er hy, stanc padel.

D’autres disparus : Gra Vary, devenu vraisemblablement Lann vras Klavezic, Stanc er poulpriou.

 Portz Millin est mentionné trois fois.

Si Portz et ses évolutions Porh en breton vannetais et Port en français désigne ici une crique, un abri, le terme Millin est toujours traduit par Moulin, en breton Melin. Port Melin étant la forme écrite actuelle. Or il n’y a pas eu de moulin en ce lieu avant le tout début du 19ème siècle.

Millin en vieux-breton devenu Melen en breton moderne désigne la couleur jaune, jaunâtre qui serait plus justifiée ici . Influence de la couleur des roches ou de la nature environnante ?

Il est possible que le moulin construit sur la hauteur entre le vallon et Klavezic a pu influencer la prononciation Melin au lieu de Melen. La parcelle proche deviendra Mez er Velin.

 
Le site de Port Melin. Carte postale Nozais environ 1935.
 

Le moulin a été construit vers 1805, par Guillaume Marie PALAU, originaire de Ploemeur, tonnelier dans la presse de Port Tudy, puis dans celle de Port Lay, Il décède le 22 décembre 1816, après avoir vendu son moulin à Barthélemy KERSAHO en octobre 1816.

 

En 1822 le « Moulin neuf » est détruit par un incendie. Il est remis en état peu après. La matrice cadastrale le mentionne en ruines ( 1894-1899 ) . Je ne peux dire quand il cesse de tourner ; il est vraisemblable que le décès en 1882 de Jacob Sylvestre KERSAHO, meunier, fils de Barthélémy termine cette activité Les restes de murs se voyaient dans les années 1950-60, puis furent vendus pour la construction d’une maison.

En novembre 1806, le Génie accepte de vendre un terrain situé à Port Meslin au Sieur René DESFORGES, négociant à Lorient. Cette vente est entérinée en août 1807, dans l’intention de construire une presse à sardines. Elle n’était toujours pas construite en 1824 puisque Louis FRAISSE, beau fils de René DESFORGES vend le 03/09/1824 le terrain de Port Melin, à Frédéric HERVEL, propriétaire à Quimperlé. C’est celui-ci qui construira la presse.

Vendue à Julien LAGILLARDAIS qui la revend à Guillaume ROMIEUX, négociant à Larmor en 1838. Jean Pierre ROMIEUX en hérite en 1851.

La presse cessera son activité vers 1871.

Ce terrain appartenait en effet à l’armée qui avait construit un corps de garde en 1745 avec 2 canons de 6. Elle était hors de service en 1811.

Celui-ci était en piteux état en 1793, lors d’une visite d’inspection :

« ….L’eau y pénètre parce qu’il y a des crevasses dans la voute. La poudrière n’est guère plus grande qu’une guéritte….Il n’y a qu’un lit de camp et un ratelier d’armes…Il manque quatre vitres à la fenêtre et un loquet aux volets…Il est nécessaire d’établir une pièce de huit. »

Il est difficile de connaître la fréquentation de Port Melin par les chaloupes de pêche qui devaient y accéder facilement et être halées dans le vallon lors de coups de vent.

C’est lors d’un coup de vent le 11 janvier 1765 qu’une chaloupe se perdra à l’entrée de Port Melin. Le nom de cette chaloupe n’est pas connu mais quatre des membres de l’équipage seront retrouvés :

Jérome UZEL, maître de chaloupe, de Kermario, trouvé le 12 «… noyé hier au port de Port Melin par grosse mer et retrouvé ce matin sur le rivage… »

Charles TESSOL, de Kervedan, trouvé le 12 « …noyé hier dans la mer au port de Port Melin sans pouvoir etre sceauvé et trouvé ce matin sur le bord de la greve… »

Jean LE DREFF, de Kelhuit, trouvé le 11 février « …trouvé ce jour sur le bord de la greve de Port Melin ou il se noye l’onze de janvier dernier avec plusieurs autres… »

Sebastien GUERRAND, de Lomener, trouvé le 25 février « …trouvé ce jour au port de Port Melin ou il se noya l’onze janvier dernier… »

Le recteur de Groix de 1817 à 1825, Marc LE LIVEC, écrit dans les « Notes et Renseignements »

«  En 1794 les Anglais parurent encore avoir des vues sur l’ile qui pouvait leur être utile dans leur descente à Quiberon »

Bien que les vaisseaux anglais fréquentaient les côtes de Bretagne, c’est vraisemblablement en juin 1795 qu’ils furent plus nombreux dans les parages de Groix. Le 6 juin 3 vaisseaux, 7 frégates et un nombreux convoi sont signalés au large, le 7 la tour du port de Lorient aperçut 8 vaisseaux anglais qui firent route vers la division française. Le 23 juin la tour du port de Lorient aperçut la flotte française à environ 15 milles dans l’W-S-W de Groix faisant route en désordre, suivi de 25 bâtiments anglais. Canonnade pendant 24 heures….Combat en faveur des Anglais, pertes françaises.

La flotte Française fut contrainte de se réfugier à Lorient, poursuivie par les Anglais qui ne s’arrêtèrent que dans les Couraux.

La flotte anglaise fut rejoint par un convoi anglais de plusieurs navires et firent route vers Belle Ile. Le 27 juin 5000 français des troupes royalistes débarquèrent à Quiberon, un nouveau convoi y débarqua 4000 royalistes le 15 juillet.

Le convoi anglais appareilla de Quiberon le 1er août et une vingtaine de navires croisa pendant quelques jours dans les Couraux de Groix.

Le recteur poursuit :

« Le commandant d’armes [ SOLMINIHAC ] voulut renouveler le stratagème du pasteur [ UZEL, en 1703 ] et fit couvrir de draps blancs tous les mulons de goémon à la cote, ce qui representait pas mal un camp nombreux.

L’Anglais y fut d’autant mieux trompé que, dès son apparition les chaloupes qui etaient à la peche rentrèrent dans les ports et ils jugeait que c’etait un renfort considérable, il dedaigna la place »

Il continue en racontant une histoire qui semble avoir été écrite par le Commandant de l’Ile, une page manuscrite d’une écriture différente est en effet jointe à la narration du recteur :

« Dans l’anse de Port Melin des pecheurs revenant au port furent poursuivis à six brasses de terre par une syrene, ils cherchèrent à l’effrayer par leurs cris et le bruit qu’ils firent. Elle s’arreta en leur montrant les dents ; une chaloupe qui entrait à la voile dans le port l’effraya et elle gagna le large en longeant la chaloupe, les matelots purent la distinguer…. »

Suit tout une description faite par les marins qui furent convoqués pour déposer de ce qu’ils avaient vu.

Après on dira que les « korrigezed » n’existent pas !!! Nos peupés n’étaient pas fous.

Il est difficile de chiffrer le nombre de chaloupes qui s’abritaient à Port Melin. Seuls, les rôles de 1817 mentionnent le lieu de désarmement.

8 chaloupes à Port Melin, écrit aussi Port Melen

 
  • La Marie Françoise, maître François DIBERDER

  • La Marie Thérèse, maître Jean CALLOCH

  • La Marie Joseph, maître Yves K/SAHO

  • La Marie Providence, maître Jean Baptiste ADAM

  • La Marie Anne, maître Gildas ADAM

  • Le Saint Pierre, maître Julien GENEVISSE

  • La Marie Françoise Providence, maître Noel DIBERDER

  • La Marie Renée, maître Yves CALLOCH

 

Toutes ces chaloupes de 6,7 mètres jaugeaient autour de 2 à 3tonneaux.

Dans les actes de francisation quelques mentions de chaloupes «  dépecées » ou « démolies » à Port Melin :

 
  • La Marie Victoire, de 2 tx, à Pierre Marie QUERE et autres, le 13 mai 1833

  • La Marie Thérèse, de 3 tx, à Laurent QUERE et autres le 22 juin 1835

  • La Marie Perrine, de 2 tx, à Vincent STEPHAN, le 19 mars 1837

  • La Marie Jeanne, de 3tx25 à Tudy BARON et autres en novembre 1870

 

Le 19 juillet 1965 fut votée la construction du barrage réservoir pour l’alimentation en eau potable de l’île, noyant ainsi les vestiges de l’ancienne presse à sardines sous 163000 mètres cubes d’eau

 Sources :

Archives départementales du Morbihan :

  • Série E ( notaires )

  • Série P ( actes de francisation )

  • Série 3P ( cadastre )

  • Série 3Es69/1 Délibérations du Conseil Municipal de Groix

  • Registre de sépultures de la paroisse de Groix ( 1765 )

Archives Paroissiales

  • Notes et Renseignements.

Lorient, Porte des Indes. Amiral LEPOTIER. ( combat de Groix )

Dielleù Ar Mené.
 


 

année 2008
 

 
 



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